Pierre Lemaitre, lauréat du Goncourt 2013 [hy]

Le prix Femina a quant à lui été décerné à la romancière camerounaise Leonora Miano pour son œuvre "La saison de l’ombre".

JPEG - 9.9 ko
Pierre Lemaitre, lauréat du Goncourt 2013
JPEG - 33 ko
Leonora Miano, lauréate du prix Femina 2013

Pierre Lemaitre a reçu lundi 4 novembres le prix Goncourt 2013 pour son dernier livre, Au revoir là-haut. A l’orée des célébrations du centenaire de la Grande Guerre, c’est donc un roman consacré à 14-18 et à la survie, après l’armistice, de deux rescapés, dont une gueule cassée, qui arborera cette saison le ruban rouge. Pierre Lemaitre, qui succède à Jérôme Ferrari au poste prestigieux de lauréat du Goncourt, est âgé de 62 ans. L’auteur, jusque-là plus connu pour ses romans policiers traduits en 20 langues et plusieurs fois primés, a été qualifié par le journal The Times de “ nouveau Stieg Larsson », en référence au célèbre auteur de la trilogie Millenium . Avec Au revoir là-haut, il délaisse cette fois le polar.

Leonora Miano, écrivaine à la prose grave et lumineuse, s’est vue décerner mercredi 6 novembre le prix Femina pour son septième roman "La saison de l’ombre". Elle y raconte le basculement d’un monde, celui de l’Afrique confrontée à l’arrivée des premiers négriers et à la disparition d’êtres aimés. Leonora Miano, écrivaine camerounaise née à Douala en 1973, illustre la vitalité littéraire de la Francophonie, dont les œuvres sont universellement appréciées par tous ceux qui en parlent la langue.

Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre, présenté par Alexandre Fillon :

« 
Le rideau de cette fresque impossible à lâcher avant sa chute se lève en novembre 1918. L’Armistice approche, mais les combats continuent néanmoins de plus belle. Voici qu’entrent en scène les soldats Albert Maillard et Édouard Péricourt. De tempérament lymphatique et discret, le premier a compris que la guerre est "une immense loterie à balles réelles". Le second, lui, est un garçon rieur et d’une nature artistique, issu d’une bonne famille. Tous deux avancent sous les ordres du lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle. Un aristocrate désargenté qui court sur le champ de bataille en direction de l’ennemi "avec une détermination de taureau" et se lance à la conquête de la côte 113. Les protagonistes de Pierre Lemaitre vont connaître des destins différents. Patriote et héros décoré, Henri devient millionnaire à 30 ans, réalise un mariage d’argent auquel assiste le président Poincaré, roule en Hispano-Suiza et trousse les amies de son épouse. Démobilisé, sans le sou, Albert veille sur son camarade Édouard à la gueule cassée. Un Édouard censé être mort pour la patrie, sans mâchoire et dépendant à la morphine.

Rendant hommage à une littérature romanesque qui va de Balzac à Maurice Leblanc, Au revoir là-haut est une incontestable réussite. Jamais en manque de souffle, jamais avare en rebondissements ni en surprises, Pierre Lemaitre fait autant la part belle à l’action qu’à la psychologie. Et dresse en chemin un terrible portrait de la France après la Première Guerre mondiale. Un pays à deux vitesses où les trois héros de l’écrivain se croisent et naviguent comme ils peuvent, usant chacun à leur manière de la culpabilité et de la mystification. »

Alexandre Fillon, in Le Journal du Dimanche (04/11/2013)

La Saison de l’ombre , extrait

« Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d’âge mûr, évaporés dans l’air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites ? »

Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l’intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l’écart. Quel malheur vient de s’abattre sur le village ? Où sont les garçons ? Au cours d’une quête initiatique et périlleuse, les émissaire du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les BWele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux. »

Crédit photographiques : Thierry Rajic/figure pourAlbin Michel et Maxppp pour France Inter

La saison de l'Ombre, prix Femina, de Leonora Miano - JPEG Au revoir la-haut, de Pierre Lemaitre Պիեռ Լըմետր, 2013թ. Գոնկուր մրցանակի դափնեկիր - JPEG

publié le 18/11/2013

haut de la page