Mission archéologique Erebuni : 20 ans de collaboration entre la France et l’Arménie [hy]

Depuis 2008, une équipe mixte d’archéologues français et arméniens effectue des fouilles sur le site de la forteresse d’Erebuni, grâce au soutien du Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Ambassade de France en Arménie, ainsi que de la Ville d’Erevan, du Musée d’Erebuni et de l’Institut d’Archéologie et d’Ethnographie d’Arménie. La mission archéologique est aujourd’hui codirigée par M. Stéphane Deschamps, conservateur du patrimoine, et M. Mikayel Badalyan, directeur du Musée d’Erebuni.

Principaux acquis des recherches

Les programmes successifs initiés depuis 2008 sous la direction de M. Stéphane Deschamps ont porté notamment sur le temple de Haldi, principale divinité du panthéon ourartéen) et la grande salle à trente colonnes adossée à ce temple. Une nouvelle porte d’accès à la forteresse a ainsi été mise au jour. L’attribution de la grande salle à colonnes à la période ourartéenne ou à l’empire perse achéménide a fait l’objet de nombreux débats entre les chercheurs : sa datation semble désormais établie à une période de transition située entre ces deux époques. Cette découverte apporte un éclairage nouveau sur une période complexe qui précède la première mention de l’Arménie dans les sources écrites (inscription de Darius à Behistoun, vers 522-521 av. J.-C.).

Le nouveau programme : perspectives de recherche et valorisation

Le nouveau programme de recherches 2019-2022 se propose de poursuivre les fouilles sur le centre monumental et ses abords. D’ores et déjà, les fondations d’un nouveau temple ont été mises au jour, ce qui porte à trois les temples constituant ce qu’il est désormais possible de qualifier de « complexe cultuel ». Un sol de cailloutis remarquablement aménagé devant le temple d’Iubsa conduit à s’interroger sur les pratiques rituelles organisées devant les temples pendant la période ourartéenne (VIII et VIIème siècles av. J.-C.). Un énigmatique édifice daté des VIe-IVe siècle av. J.-C., appelé « temple du feu » lors des premières fouilles en 1960, est actuellement en cours d’étude.

Conjointement à ces recherches, le programme fait appel à l’utilisation de nouvelles technologies appliquées au patrimoine. Avec le soutien de l’Ambassade de France en Arménie, l’entreprise spécialisée Aird’Eco Drone a procédé, les 12 et 13 septembre, à un relevé LIDAR (Light detection and ranging) de l’ensemble du site et de ses abords. Réalisée par drone, cette technique permet d’obtenir un relevé topographique extrêmement précis de l’ensemble du site. Plus de 150 millions de points de relevés seront ensuite traités afin d’obtenir un modèle numérique 3D de l’ensemble du site, des vestiges invisibles à l’œil nu. Les travaux de relevés laser se poursuivront en 2020 .Ces outils au service de la recherche pourront ensuite être mis à profit, en collaboration avec le musée d’Erebuni, pour proposer des restitutions 3D du site au cours des différentes périodes de son histoire, préparer les visiteurs à la découverte du site et repenser la valorisation d’un patrimoine remarquable qui marque les origines de la ville d’Erevan.

publié le 16/09/2019

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