La France est un pays économiquement attractif

Plusieurs journaux relaient l’attractivité de la France en matière d’investissements étrangers : « La France séduit un peu plus les investisseurs étrangers » (Les Echos), « La France a séduit un peu plus les investisseurs étrangers en 2015 » (Le Figaro), « Investissements étrangers : la France sauvegarde l’essentiel  » (l’Opinion), «  La France attire les patrons » (20 minutes).

Pour Cyrille Lachèvre (l’Opinion), « Peu d’exercices sont aussi difficiles que celui consistant à quantifier précisément les montants investis dans un pays depuis l’étranger. Le rapport publié ce mardi matin par BusinessFrance dressant le bilan des investissements étrangers en France en 2015 le démontre une fois de plus. Les équipes de l’opérateur chargé d’assurer la promotion des investissements dans l’Hexagone réalisent pourtant chaque année une étude très rigoureuse au plan scientifique.

Malgré cela, il est impossible d’en déduire objectivement comment la France se situe par rapport à ses voisins. « Nous publions nos chiffres très en avance par rapport à nos concurrents directs européens, reconnaît Muriel Pénicaud, l’ambassadrice déléguée aux investissements internationaux et directrice générale de Business France. L’Allemagne et la Grande-Bretagne, par exemple, publient leurs données en juin. Je n’ai donc pas d’éléments me permettant de nous comparer, mais nos indicateurs laissent penser que nous maintenons toujours notre rang et nos positions ». A ces questions calendaires s’en ajoutent d’autres, méthodologiques : Business France ne s’attache qu’aux seuls investissements créateurs d’emplois, ce qui est plus réaliste économiquement mais donne parfois des résultats très divergents de ceux publiés par les Nations Unis ou des cabinets de conseils qui intègrent également des flux purement financiers. Ces précautions étant posées, l’année 2015 peut-être qualifiée de bonne pour les investissements en France sans être exceptionnelle ».

Dans Le Figaro, Marie Visot précise que « L’attractivité de la France s’est bien redressée en 2015 » : « Avec 962 décisions d’investissement recensées (un chiffre pourtant en légère baisse de 5 % par rapport à 2014), le nombre d’emplois a progressé en 2015 de 27 % en un an. Ce sont ainsi 33 682 postes qui ont été créés ou sauvegardés l’an dernier, selon le bilan établi par Business France et publié mardi. La France tire correctement son épingle du jeu, dans un contexte de rivalité de plus en plus forte avec l’Allemagne et la Grande-Bretagne. « Elle reste attractive ! », résume Muriel Pénicaud, ambassadrice aux investissements internationaux.

Le rapport annuel montre que la moitié des décisions d’investissements dans l’Hexagone sont des créations pures. Les entreprises étrangères misent en premier lieu sur les activités de production, avec 30 % des investissements réalisés. Ces projets représentent un enjeu de 16 168 emplois (contre 11 601 emplois en 2014). Mais c’est surtout la progression de l’installation des quartiers généraux qui réjouit la France : 27 QG monde ou Europe ont été installés en France l’an dernier, contre 16 en 2014. Ainsi, le groupe allemand Siemens regroupe à Toulouse le siège mondial de ses activités de métros automatiques clés en main de la gamme Val. Le canadien Premier Tech, spécialisé dans la production horticole et maraîchère, renforce le siège de ses activités européennes situé dans les Pays de la Loire, avec une nouvelle ligne de production automatisée et un nouveau centre de R&D international. « Ce ne sont pas des projets avec de fortes créations d’emplois, mais c’est de la forte valeur ajoutée », souligne Muriel Pénicaud, pour qui cela « renforce les chances d’avoir par la suite un centre de recherche et développement ». Les projets d’investissements étrangers dans les fonctions de R&D, justement, représentent 9 % de l’ensemble des investissements. Mais l’effet d’entraînement est important : les filiales des entreprises étrangères contribuent pour 28 % des dépenses totales de recherche en France, avec 8,6 milliards d’euros. En 2014, les investissements provenaient de 47 pays. Le spectre s’est depuis élargi et atteint désormais 53 pays. Les principaux investisseurs en France demeurent les entreprises américaines (18 % des investissements). Elles sont suivies de peu par l’Allemagne. Très loin derrière, les Chinois : bien que le chiffre soit en progression, ils ne participent qu’à hauteur de 2,8 % aux investissements. Selon l’origine des entreprises, les projets se concentrent dans certains secteurs : les américains sont à l’origine du quart des décisions dans la fonction R&D ; les entreprises allemandes sont à l’origine de 26 % des décisions dans les activités de production ; les italiennes de 31 % des investissements dans les activités de logistique ; et les entreprises japonaises sont de leur côté le 4e investisseur dans les activités de production. Les entreprises étrangères emploient aujourd’hui 12 % des salariés en France et contribuent à hauteur de 19 % au chiffre d’affaires de l’économie du pays. Celles qui investissent sur notre territoire sont aussi celles qui exportent le plus (ArcelorMittal, Volvo, AstraZeneca, Solvay, Toyota…), souligne le rapport annuel de Business France. « Les entreprises étrangères irriguent vraiment le tissu économique français », conclut Muriel Pénicaud ».

publié le 24/03/2016

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