Entretien de M. l’Ambassadeur de France à Armenpress

L’Ambassadeur de France Monsieur Jean-François Charpentier a répondu aux questions envoyées par l’agence ArmenPress.

Voici le contenu de l’entretien :

-  Monsieur l’Ambassadeur, le Président Sarkissian a pris la décision de retirer les protocoles arméno-turcs de l’agenda de l’Assemblée Nationale et a envoyé une lettre au Président de l’AN à ce propos. La France a toujours prôné la normalisation des relations arméno-turques sans conditions préalables. Comment évaluez-vous le fait qu’au cours des six années depuis leur signature, les protocoles arméno-turcs n’ont connu aucun progrès et sont définitivement entrés dans l’impasse ?

Comme vous le savez, la France était représentée lors de la signature des deux protocoles, à Zurich, en 2009, et suit, depuis, avec grande attention ce dossier. Le Président de la République a évoqué les protocoles arméno-turcs lors du discours qu’il a prononcé le 28 janvier dernier à Paris, lors du diner de gala du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France. Il a effectivement déploré que le statu quo l’ait emporté depuis 1993 et estimé que la frontière devait être ouverte. Cela étant, nous avons pris note de la décision arménienne et continuons de penser que les deux pays doivent regarder de manière constructive vers l’avenir.

-  Considérez-vous comme réaliste l’élaboration d’un nouveau projet de normalisation des relations arméno-turques dans un avenir proche ?

En tout cas, je ne cède pas au découragement face aux vicissitudes d’un processus de normalisation qui comporte nécessairement une part de complexité, étant donné les relations historiques entre les deux pays. Plutôt que de tirer des conclusions à partir de quelques déclarations ou décisions récentes, je préfère prendre en considération les relations arméno-turques sur le temps, la seule échelle qui ait vraiment du sens dans le cas d’un processus interétatique à fort enjeu. Or, en se replaçant dans cette perspective, on trouve aussi des avancées politiques, des gestes d’ouverture dans les sociétés civiles respectives, des prises de position encourageantes. Il importe de savoir garder ces éléments à l’esprit tout au long du processus.

-  Quel est le message de la France à l’Arménie et à la Turquie en vue de la normalisation des relations arméno-turques ?

Je me contenterai de reprendre une phrase que le Président Hollande a prononcée dans son discours il y a trois semaines ; le message y est à la fois fort et clair : « il est temps de briser les tabous et que les deux nations, Arménie et Turquie, inventent un nouveau départ ».

L’entretien peut être consulté sur le site internet d’Armenpress en Arménien ou en anglais.

publié le 24/05/2017

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