Commémoration des 70 ans de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau - Discours de M. François Hollande, président de la République, au Mémorial de la Shoah (Paris, 27/01/2015)

"Les nations démocratiques ont fait le choix d’inscrire le 27 janvier dans la mémoire de l’humanité, qu’ont-elles voulu dire ? Que le 27 janvier, c’est un événement universel, qui ne concerne pas que les juifs, mais qui concerne le monde entier.

Les nations ont voulu aussi rappeler à tous les peuples où conduisait l’intolérance, qu’elle pouvait les frapper tous. C’est Frantz Fanon, le philosophe anticolonialiste, qui eût cette phrase : « Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous ». La mémoire des crimes contre l’humanité n’appartient à personne, elle est notre héritage commun. Pour comprendre la barbarie - vous, vous l’avez vue en face, il faut savoir la reconnaître partout où elle est, et ceux qui prétendent nier une souffrance, au nom d’une autre souffrance ne sont jamais du côté des victimes, mais toujours avec les bourreaux.

Dans l’un de ses plus beaux livres, Patrick Modiano, le Prix Nobel de littérature, dans ce livre qu’il avait dédié à Dora Bruder, jeune fille disparue dans la nuit des camps, écrivait ceci : « Il faut longtemps, très longtemps, pour que ressurgisse à la lumière ce qui a été effacé ». C’est cette lumière que vous nous redonnez ici au Mémorial, vous, les anciens déportés, vous, les témoins, vous aussi, les acteurs de la transmission. Et c’est cette lumière que nous devons porter tous ensemble, contre les nuits qui menacent, qui menacent encore, qui menacent ici, qui menacent partout, mais nous sommes là."

François Hollande, Président de la République Française

Retrouvez l’intégralité du discours du Président de la République sur le site internet de la Présidence de la République.

publié le 28/01/2015

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